Rebecca Kean, tome 1 : traquée

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Rebecca Kean, tome 1 : traquée

Série : Rebecca Kean

Titre : Traquée

Auteur : Cassandra O'donnell

Edition : J'ai lu

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Burlington...Nouvelle-Angleterre. Pas de délinquance, élue la ville la plus paisible des États unis, bref un petit havre de paix pour une sorcière condamnée à mort et bien décidée à vivre discrètement et clandestinement, parmi les humains. Malheureusement, en arrivant ici, je me suis vite aperçue que la réalité était tout autre et qu'il y avait plus de démons, de vampires, de loups garous et autres prédateurs ici que partout ailleurs dans ce foutu pays. Mais ça, évidemment, ce n'est pas le genre de renseignements fournis par l'office de tourisme. Maudit soit-il...

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Je continue dans ma lancée des romans que j'ai longtemps voulu lire sans me lancer. Deuxième livre, deuxième presque coup de coeur ! Décidément, pourquoi ai-je attendu aussi longtemps !

Rebecca, est un personnage hors norme ! Elle n'a peur de rien, ou presque, est courageuse, et avec de l'humour. Et puis, un personnage principal avec une fille, ça ne court pas les rues. Ca lui donne un côté sensible et prévenante qui ajoute à l'attachement qu'on a pour elle.

Dès les premières pages j'étais complètement dans l'histoire sans vraiment savoir à quoi m'attendre. L'action est bien sur au rendez-vous tout au long du livre.

J'ai adoré le personnage de Raphael. Rien de plus étonnant, une fois de plus je tombe sous le charme du gros dur, et méchant aux premiers abords mais sous cette carapace se cache tout autre chose. La relation entre nos deux personnages est très entrainante et nous donne envie d'en savoir encore plus !

Côté personnage secondaire, j'ai beaucoup aimé Beth, meilleure amie de notre héroïne ! Bruce, bien que parfois trop possessif est aussi un personnage que j'ai apprécié. En revanche, pour ce qui est de Mark... non vraiment, je ne l'ai pas aimé ! Rien ne pourra changer ça !

L'enquête et les disparitions ajoute un côté suspens au livre que j'ai bien aimé ! Les passages clés entre Raphael et Rebecca sont vraiment les meilleurs et enfin, les petites révélations de la fin relancent complètement l'intrigue et donne très envie de lire la suite !

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— Lâche-la, fis-je tandis qu’une vague de pouvoir déferlait autour de moi.

— C’est une gentille petite fille, fit la créature en caressant son bras.
Je sentais son envie de lui faire mal, de la blesser.
— Ne la touche pas, crachai-je.
— Et qu’est-ce que tu comptes faire pour m’en empêcher ?
Bonne question. Et aucune réponse valable ne me venait à l’esprit.
— Le professeur Thomson est mort. Je l’ai tué. Tu n’as plus ni à rester enfermé ni à te plier à sa volonté. Tu peux venir vivre parmi les tiens, on trouvera une solution.

Il se mit à ricaner et dit d’un ton amer :
— Il voulait utiliser ses recherches pour guérir les humains mais nous sommes des monstres, dit-il. Notre chair, nos cellules, notre âme sont corrompus. Ta fille est comme moi, si ce n’est que j’ai été créé par les hommes et elle par la nature.
— C’est pour ça que tu l’as sauvée ? Pour ça que tu ne les as pas laissés la tuer ?
Il hocha la tête.
— Comment as-tu fait ? demanda-t-il.
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
— Comment as-tu fait pour avoir cet enfant avec un cadavre ?
— Pourquoi faut-il toujours qu’on me pose cette question ?… Je n’en sais rien. Vraiment, je n’en sais rien.

Leonora ouvrait lentement les yeux.
— Elle ne le savait pas. C’est moi qui le lui ai dit, fit-il en la regardant. Hein ? Petite ? Tu ne savais pas que ton père était un vampire ?

Elle secoua la tête de droite à gauche, le menton tremblant, comme si elle allait pleurer.
— Au début, elle ne voulait pas me croire mais je lui ai montré. Elle a des petits crocs juste là, prêts à sortir, dit-il en glissant un doigt sur ses gencives.
Leonora ne réagissait pas. Elle était tétanisée par la peur.
Mark et Raphael le regardaient, fascinés.
— Ne bougez pas ou il la tuera, ordonnai-je aux deux hommes.
— Il est trop tard pour la sauver, dit la créature en posant ses mains sur le cœur de ma fille.
— Maman… gémit-elle d’une petite voix en me tendant les bras.

Soudain un vent de panique m’envahit. Je propulsai mon pouvoir sur le monstre sans que ça produise aucun effet.
— Tu es trop faible, s’esclaffa-t-il.
— D’accord, alors, regarde, fis-je.

Je laissai tomber mes barrières laissant enfin la colère et la peur m’envahir totalement. Plus de contrôle. Plus de limites. Je sentis rapidement la bête tapie au fond de moi se réveiller et grandir. Bientôt, sa brûlure parcourut mes veines, transformant mon corps en un énorme brasier, un geyser de pouvoir prêt à éclater. Ce n’était plus moi qui chevauchais le pouvoir mais le pouvoir qui me chevauchait. J’étais incapable de le brider, il me dévorait le cœur et l’âme et réduisait ma volonté à néant. Je n’étais plus qu’un réceptacle créé pour accueillir sa main vengeresse et terrifiante.

— Rebecca ! fit Raphael, affolé. Qu’est-ce qui se passe ?

— Elle a répondu à l’appel des quatre éléments, ils sont réunis et prêts à frapper, dit Mark, la gorge serrée. On doit récupérer l’enfant et quitter cet endroit avant que tout n’explose !

— Et Rebecca ?

Je vis Mark secouer la tête tristement à travers un regard qui n’était plus le mien mais celui d’une créature inconnue et terriblement puissante.

— Pas question, dit Raphael en saisissant mon poignet.

Charzac me regardait, subjugué. Plus de sourire cruel, plus de provocation. J’aurais presque pensé qu’il comprenait ce qui allait arriver et l’attendait avec impatience.
— Pose mon bébé, dis-je.
Mes cheveux étaient écarlates et une lumière rouge entourait chaque parcelle de mon corps.
Je me libérai de la main du vampire d’un geste vif et dirigeai l’énergie sur le visage déformé de la créature.
— Mark, attrape Leonora ! criai-je tandis qu’une boule solaire percutait le monstre en pleine face et lui arrachait la tête.

Le semi-démon prit ma fille dans ses bras et disparut. Puis je me tournai vers le vampire.
— Va-t’en, Raphael ! Je ne peux plus la canaliser ! hurlai-je en me tournant vers lui.

La magie était sur le point d’imploser comme une bombe. Elle allait se répandre telle une mer de ténèbres et absorber toute vie sur son passage.

— Non, dit-il.

Je sentis soudain sa main dans la mienne. Son pouvoir froid me transperça la poitrine et jaillit en moi. Nos énergies se mêlèrent dans une danse de mort et de vie, se nourrissant l’une l’autre, s’absorbant, s’annihilant presque. Je tombai à genoux tandis qu’il me serrait dans ses bras et nous nous mîmes à hurler, le regard fou, dévastés par un pouvoir trop puissant pour tenir dans des corps si fragiles. Sous l’effet de la douleur, toutes mes perceptions s’engourdirent et je ne distinguai rien. Rien à part le merveilleux mélange de nos auras, l’une blanche, l’autre rouge, qui, ensemble, avaient la couleur unique d’un crépuscule de printemps.

Puis ce fut le néant.

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